Neuromodulation non invasive pour la rééducation cognitive
La technologie à la base de nos produits de rééducation cognitive repose sur une technique de neuromodulation non invasive appelée adaptation prismatique, objet des recherches du Professeur Massimiliano Oliveri et d’autres groupes scientifiques.
L’adaptation prismatique est utilisée depuis longtemps en clinique pour traiter certains troubles neurologiques, notamment la négligence visuo-spatiale, un déficit de l’attention et de la perception qui survient généralement après une lésion cérébrale, souvent consécutive à un AVC de l’hémisphère droit. Ces dernières années, grâce aux travaux scientifiques et cliniques du Prof. Oliveri, le champ d’application de l’adaptation prismatique s’est élargi au-delà de la négligence, jusqu’à inclure les fonctions cognitives supérieures et, plus globalement, la santé du cerveau.
« Primer cortical »: Les principes fondamentaux de l’adaptation prismatique
L’adaptation prismatique est une technique de neuromodulation car elle modifie temporairement l’excitabilité des neurones corticaux, ouvrant ainsi une fenêtre de plasticité accrue. Dans MindLenses, notre thérapie numérique de rééducation cognitive, cette fenêtre est exploitée pour stimuler davantage le cerveau via des exercices cognitifs (serious games).
Contrairement à d’autres techniques de neuromodulation, comme la stimulation magnétique ou électrique, l’adaptation prismatique ne nécessite ni bobines ni électrodes. Son effet neuroplastique est obtenu grâce à un protocole visuo-moteur : des lunettes à lentilles prismatiques dévient temporairement le champ visuel du patient, qui exécute simultanément des mouvements ciblés du bras pour se réadapter à cette nouvelle perception spatiale.
Ce processus stimule l’activité cérébrale de manière non invasive et endogène (c’est-à-dire qu’il provient directement des actions du patient) en activant les circuits impliqués dans la perception, l’attention et le contrôle moteur. Pour reprendre une expression anglaise, on peut dire que le rôle de l’adaptation prismatique est celui d’un « primer cortical », c’est-à-dire un activateur préliminaire qui « prépare le terrain » aux phases suivantes de la rééducation.
Une avancée dans les techniques de neuromodulation non invasive
Découvrez comment l’adaptation prismatique active le cerveau de l’intérieur, de manière sûre et efficace.
Stimulation cérébrale endogène: ce qui distingue l’adaptation prismatique
Certaines techniques de neuromodulation, plus invasives que l’adaptation prismatique, sont déjà utilisées en recherche et, dans une moindre mesure, en pratique clinique. Dans certains pays (comme l’Allemagne), elles sont même intégrées aux recommandations officielles pour les lésions cérébrales acquises.
Des techniques comme la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) et la stimulation transcrânienne à courant direct (tDCS) modulent l’activité électrique du cerveau au moyen de champs magnétiques (pour la TMS) ou de courants électriques de faible intensité (pour la tDCS), grâce à des bobines ou des électrodes placées directement au contact du cuir chevelu du patient.
Il a été scientifiquement démontré que l’adaptation prismatique permet d’obtenir des effets similaires à ceux de la stimulation électrique (Bracco et al., 2017), mais de manière encore moins invasive, en stimulant le cerveau du patient sans le toucher, grâce à une modification contrôlée de l’expérience visuelle.
C’est ce que nous appelons une stimulation endogène.
Stimuler ce qui compte
L’adaptation prismatique agit de manière spécifique à chaque hémisphère : selon les paramètres du protocole, il est possible de cibler un hémisphère à la fois (Magnani et al., 2014).
Cela est particulièrement pertinent car de nombreux processus cognitifs sont latéralisés dans le cerveau. Par exemple, la production du langage est majoritairement gérée par l’hémisphère gauche, tandis que les réseaux impliqués dans la régulation de l’attention sont principalement situés dans l’hémisphère droit.
Stimulation de l’hémisphère gauche : langage, traitement séquentiel, résolution de problèmes
Stimulation de l’hémisphère droit : capacités visuospatiales, reconnaissance des formes et des émotions
Adaptation prismatique en pratique
L’adaptation prismatique est une petite astuce optique, mais le cerveau le prend très au sérieux.
Lorsque le patient porte les lentilles qui dévient légèrement le champ visuel, le cerveau reçoit une information « erronée » sur la localisation des objets dans l’espace. Pour corriger cette erreur, il active des mécanismes de compensation impliquant les régions cérébrales responsables de l’attention, de la perception et du contrôle moteur.
Cette activation rend le cerveau temporairement plus plastique, c’est-à-dire plus apte à se réorganiser et à apprendre, créant une fenêtre idéale pour l’intervention cognitive.
Adaptation prismatique et « serious games » :
une intervention synergique
Après l’adaptation prismatique, les serious games entrent en jeu : des exercices cognitifs scientifiquement conçus pour renforcer l’attention, les fonctions exécutives, le langage et la mémoire.
Les patients jouent aux serious games immédiatement après la session de neuromodulation non invasive par adaptation prismatique, afin de tirer parti de la fenêtre de plasticité accrue qui s’ensuit.
Activation d’abord, entraînement ensuite : l’adaptation prismatique « prépare » les circuits cérébraux, et les serious games les entraînent de façon ciblée pour maximiser les bénéfices cliniques.
Les fonctions cognitives stimulées par les serious games sont transversales à de nombreuses pathologies neurologiques et neurodéveloppementales. Cela permet aux cliniciens d’utiliser un seul outil flexible pour diverses indications. Les serious games de MindLenses sont organisés en 3 domaines principaux :
Attention
- Attention soutenue et sélective
- Attention divisée
- Inhibition des distracteurs
- Traitement visuo-perceptif (mouvement, formes, couleurs)
Fonctions Exécutives
- Planification et fixation d’objectifs
- Séquencement et organisation
- Gestion du temps
- Mémoire de travail (manipulation de chiffres, symboles, mots)
- Calcul
- Manipulation phonémique et graphémique
Langage
- Association sémantique
- Renforcement de la mémoire verbale
Conçu pour l’accessibilité
Nos jeux sont conçus selon les principes du design inclusif et sensible à la neurodiversité, garantissant l’accessibilité même chez les patients présentant des troubles cognitifs légers à modérés, ou des difficultés visuo-spatiales et langagières:
- Interfaces claires et dégagées, sans surcharge visuelle
- Instructions simples, guidées
- Couleurs et caractères à haute lisibilité, conçus selon les principes du design pour la neurodiversité
Adaptatifs et engageants
Chaque jeu est propulsé par un algorithme adaptatif en temps réel qui suit la performance et ajuste dynamiquement la difficulté. Cela maintient un niveau optimal, favorise l’engagement et réduit le risque d’abandon de la thérapie.